Le Parc de la Gorge de Coaticook — bien plus qu’un pont suspendu

Un entretien avec Caroline Sage, directrice générale des Parcs de Coaticook 

« Le Parc de la Gorge fait partie du paysage touristique de la région depuis des décennies. Si je devais résumer son histoire en quelques images, je verrais d’abord un petit groupe de citoyens passionnés. Leur idée ? Mettre en valeur cette forêt et donner accès à ce phénomène naturel unique qu’est la gorge de la rivière Coaticook. En 1976, armés de simples pelles et pics, ils ont tracé les premiers sentiers, portés par la volonté de partager ce lieu exceptionnel. » 

Leur ambition était de créer un parc enraciné dans son milieu, pensé par et pour la communauté. La vocation touristique s’est développée progressivement : les passerelles vertes en métal en 1982, la longue passerelle suspendue en 1989, puis la grange ronde en 1995, érigée pour mettre en valeur le patrimoine bâti et rappeler les racines anglo-saxonnes de la région. 

« Depuis les débuts, le fil conducteur est resté le même : valoriser le milieu naturel. Chaque projet s’est intégré au décor plutôt que de le transformer. » 

Impossible de passer sous silence Foresta Lumina, lancé en 2014, qui a marqué un tournant majeur et propulsé le Parc sur la scène touristique internationale. « En 2026, le Parc fêtera ses 50 ans. Vous pouvez être certains qu’on prépare déjà de beaux projets! », promet Caroline. 

Qu’est-ce qui l’anime encore après toutes ces années? 
« La beauté du lieu, d’abord, mais surtout la reconnaissance. Quand les visiteurs nous disent à quel point ils ont apprécié leur expérience, ça nous confirme qu’on travaille pour les bonnes raisons. » Avec un taux de satisfaction de 92 % ces dernières années, l’équipe a de quoi être fière — et motivée à continuer de bonifier l’offre.  

« On veut développer intelligemment, sans surcharger l’été. L’idée, c’est d’étendre la fréquentation aux autres saisons pour que les Parcs rayonnent toute l’année. » L’esprit d’équipe fait aussi partie de l’ADN du Parc : « On est tissés serré, on partage la même vision, et ça crée un vrai sentiment de village. » 

L’énergie du lieu selon les saisons 
« L’été, c’est l’effervescence totale. L’automne apporte un calme doux, propice au ralentourisme (slow travel). L’hiver, l’ambiance change complètement : les gens bougent, le parc devient plus dynamique, presque bruyant. Puis arrive le printemps, avec son lot de renaissances : les projets, la nature, les ruisseaux… on sent que tout reprend vie. » 

Parmi ses endroits préférés, Caroline cite le sentier de la Montagne et ses cascades, ainsi que la « mini-gorge » du sentier Tillotson, souvent méconnue. Mais son émerveillement premier reste la gorge elle-même et ses parois rocheuses grandioses. 

Et dans dix ans? 
« J’aimerais que le Parc soit encore davantage un lieu de vie, un espace où la communauté se reconnaît et se retrouve. Que les citoyens se l’approprient pleinement. » 

Enfin, elle résume la complémentarité entre les deux parcs : 
« La Gorge, c’est la forêt et la marche. Découverte Nature, c’est l’eau, les marais, les espèces aquatiques… et le volet gourmand. On veut montrer aux enfants que le poisson ne naît pas à l’épicerie, mais fait partie d’un écosystème fascinant qu’on peut aussi découvrir et goûter. » 

Pour tout savoir sur les activités des Parcs de Coaticook et pour la programmation tu 50e anniversaire, c’est par ici!